Langue des Signes Française, LSF

-Les grandes choses peuvent se manifester par de petits signes. –

La Langue des Signes Française

La Langue des Signes Française (LSF) est utilisée par les sourds de France et des pays francophones. Comme toute langue, chaque pays possède sa Langue des Signes (LS). La LSF est une langue à part entière et est un des piliers de l’identité des sourds et de la culture sourde.

Un peu d’histoire…

Pendant longtemps, les sourds étaient isolés et ne pouvaient enrichir leur langue signée. Il se sont alors contentés d’une gestuelle simple, ce qui pouvait leur faire passer, parfois, pour des simples d’esprit. C’est dans les familles de sourds qu’ont pu s’élaborer les premiers fondements de la LSF et, en se regroupant, les sourds ont pu enrichir leur langue.

Les fondements de la surdité

L’histoire des sourds et de la communauté Sourde prend ses racines dès l’existence de personnes sourdes, soit certainement depuis le début de l’humanité. Selon Platon et Aristote, la surdi-mutité ne permettait pas l’accès au langage oral et ne permettait donc pas l’accès à la raison. Il faudra attendre le début de la Renaissance pour que surdité et mutisme soient différenciés physiologiquement. C’est à ce moment là, que l’éducation phonique a vu le jour. De plus, Saint Jérôme et Saint Augustin avaient reconnu une gestualité particulière chez les sourds, qui s’élevait au statut de langue à part entière. 

L’Abbé de L’Epée

L’Abbé de l’Epée, en 1760, fut le premier entendant connu à s’intéresser aux modes de communication des « sourds-muets » en observant des jumelles sourdes communiquer entre elles par gestes. C’est ainsi qu’il découvrit l’existence d’une langue des signes.

Il décida alors de regrouper une trentaine d’enfants sourds pour les instruire. Il organisa son enseignement de façon collective et non plus individuelle et centré sur la parole, comme ce l’était jusqu’alors. Il démontra, par la suite, l’intérêt des gestes et créa l’Institut National de Jeunes Sourds, actuellement l’Institut Saint Jacques à Paris. 

Le congrès de Milan de 1880 et l’interdiction de la LS en classe

Lors du congrès de Milan, où les participants sont principalement des entendants, on décrète l’abandon de la LS en classe, afin que les sourds puisse s’intégrer socialement en apprenant à parler. Les aspects mis en avant à ce moment-là sont:

  • La LSF ne serait pas une vraie langue
  • La parole a été donnée par Dieu comme moyen de communication
  • Les signes empêcheraient les sourds de bien respirer, ce qui favoriserait la tuberculose

Malgré l’interdiction de signer en classe, la LSF n’a pas disparu, les sourds se la transmettaient de génération en génération. Cette interdiction a duré 100 ans.

Du milieu du 20° siècle à aujourd’hui

Mai 68 a joué un rôle pour la communauté sourde en ce qui concerne les revendications pour la reconnaissance et le droit à la différence. Les années 70 marquent le début du « réveil sourd », le début d’une prise de conscience en tant que communauté. Durant ces années les choses évoluent aux Etats-Unis, quis s’étendent à la France. On voit un journal télévisé qui explique comment se développe la culture sourde aux Etats-Unis, et comment la Langue des Signes Américaine et la présence d’interprètes est un droit. En France, il faut attendre 1991 pour que la loi Fabius favorise le choix de l’éducation bilingue pour les Sourds, la LSF et le Français écrit/oral, marquant ainsi la fin de l’interdiction de la LSF en cours depuis le congrès de Milan. la Loi de 2005 reconnaît la LSF comme « langue à part entière ».